Plantu parle caricatures avec les collégiens de Bobigny !

(Crédit photo Marie Juillard © : "Libérons les crayons" avec Plantu et les collégiens de Bobigny) 

Le célèbre dessinateur de presse Plantu est venu rencontrer des jeunes collégiens du 93,  pour leur parler de paix et de dessins de presse, lors de la conférence "Libérons les crayons !"  à Bobigny, mardi 6 juin 2017, en présence de Daniel Pouazdoux, président de la Fondation Varenne. L’idée : les sensibiliser aux enjeux des caricatures de presse, afin de promouvoir l’ouverture aux différentes cultures.

Bobigny, Bourse du Travail, la salle bruisse en ce mardi après-midi.  Il est 14h08 et le très attendu Plantu n’est pas encore arrivé. Les collégiens, et même quelques élèves de CM2 présents, sont impatients et bougent sur leurs sièges. Enfin, le voilà qui arrive, grand homme à l’allure « cool », souriant, les cheveux grisonnants, l’air sympathique, il installe sa fameuse tablette qui l’accompagne toujours.

Les enjeux de l’éducation pour la jeunesse

Stéphane Troussel, Président du conseil départemental de la Seine Saint Denis prononce quelques mots pour lancer la rencontre. Il rappelle que la Seine-Saint-Denis est le département le plus jeune de France, que les jeunes qui l’écoutent seront les futurs dirigeants politiques et économiques de demain, et qu’ainsi dans cette perspective, lui et son équipe ont toujours fait des choix en faveur de l’éducation. Le président présente alors brièvement l’association Cartooning for Peace et le dessinateur de presse Plantu venu rencontrer ces jeunes de la Seine-Saint-Denis.

Un échange sous le signe de la spontanéité

Plantu capte immédiatement leur attention en se mettant à leur portée, en adoptant leur langage, en leur adressant de multiples clins d’œil. Ce qui portait le nom de « conférence » devient un échange, profond et sans tabous, sur un ton léger. Les questions fusent « qui paye les amendes quand vous êtes condamné ? », « est-ce que vous dessinez des rappeurs ? ». Divers sujets sont abordés, «on ne peut pas rire de n’importe quoi » avance très sûre d’elle une jeune collégienne devant le grand ponte du dessin de presse qui a parfois pris le parti d’aborder avec humour des sujets sensibles. « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui » lui répond Plantu qui parle d’expérience, lui qui collabore avec des dessinateurs israéliens et palestiniens. Il vient parler au milieu des élèves, les encourage à exprimer à haute voix leur opinion, et les invite même à venir dessiner sur sa tablette devant les autres. « J’aime la spontanéité, qui veut venir dessiner ? » D’abord une main timide se lève, puis les demandes s’enchaînent, et les élèves défilent sur scène, venant dessiner un lapin, Mickey, un français typique. « Il faut écouter son crayon » leur dit Plantu, encourageant leur pouvoir créateur et certains coups de crayon déjà prometteurs.

« Allez au bout de vos convictions ! »

(Crédit photo Marie Juillard © : Plantu parle caricature avec les collégiens)

Il leur explique que le dessin est un moyen de s’ouvrir à la culture des autres, de dépasser les clivages, d’accepter l’altérité dans ce qu’elle a de beau et d’enrichissant. Etre dessinateur de presse expose parfois à bien des critiques et des attaques, mais « le dessin est une manière de raconter mille choses et d’inciter à la paix, alors il faut toujours aller au bout de ses convictions », contre vents et marées.

Texte de Marie Juillard