Pour la première fois, journalistes et thésards, primés par la Fondation Varenne, ont été réunis le mardi 8 février dans les locaux parisiens du groupe La Montagne Centre-France pour une cérémonie unique de remise des Prix 2010, en présence de Luc Ferry, philosophe et ancien ministre, et Malek Chebel, anthropologue des religions. Une occasion inédite d’associer la recherche fondamentale et le monde des médias, dans un même esprit humaniste de souci de la vérité.

« Innover ou crever »
Dans son discours, Luc Ferry s’est adressé aux journalistes par une problématique, un « petit oursin » laissé dans leurs poches. L’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Education Nationale et de la Recherche* les a mis en garde contre la tentation d’être victime ou complice de la « logique de l’audimat », celle qui contraint à renouveler l’information jour après jour, comme une innovation, pour ne pas « crever ». Mais, en conséquence, sans prendre le temps de l’analyse, du décryptage des « grands récits » cachés derrière les images. Pour le philosophe, trois siècles après les Lumières dont le discours aspirait au progrès et à l’émancipation de l’humanité, la mondialisation a fait entrer notre civilisation dans un système de compétition permanente. Or, les journalistes n’échapperaient pas à la règle, devant ainsi se défendre quotidiennement contre une pluie de critiques par des objections d’ordre moral. Mais la déontologie ne fait pas tout. « Je ne suis pas convaincu que la morale suffise » fait remarquer Luc Ferry. Il faut aussi l’intelligence, la réflexion, la fiabilité des sources.
*Du 7 mai 2002 au 31 mars 2004 (gouvernement Raffarin)
Prix Varenne 2010 - Discours de Luc Ferry
Cette fiabilité, Malek Chebel l’a placée au cœur de son intervention. Le plus « oriental des occidentaux mais aussi le plus occidental des orientaux », comme il se définit lui-même non sans humour, a réagi en écho à l’actualité du monde arabe en remerciant les lauréats, journalistes et juristes, pour leur « capacité à dévoiler les despotes dans des pays où ils sont bien calfeutrés ». Les enjoignant à « transmettre une information vérifiable, rigoureuse, sérieuse, sincère » pour bousculer les régimes autoritaires et accompagner les élans de démocratie.
Prix Varenne 2010 - Discours de Malek Chebel
La connaissance et la communication
Dans une ambiance à la fois dense et conviviale, la remise des Prix Varenne 2010 de Thèses et du Journalisme a donc associé journalistes et chercheurs pour honorer des « éveilleurs de conscience, des questionneurs pour les jeunes » selon Daniel Pouzadoux, Président de la Fondation Varenne.
Prix Varenne 2010 - Discours de Daniel Pouzadoux
A ce titre, de nombreuses personnalités du monde scientifique, politique, journalistique et universitaire étaient présentes pour remettre ces prix et témoigner de leur attachement à la Fondation Varenne, dans sa vocation de soutien aux journalistes, d’éducation aux médias et de diffusion de la connaissance.
Ouverts à la Francophonie, plusieurs prix ont été remis à des journalistes québécois et de la Réunion, l’appui de la Fondation ne s’arrêtant pas aux frontières hexagonales.
Interrogés en marge du cocktail, plusieurs lauréats ont témoigné leur fierté de travailler dans cet esprit humaniste, saluant les jurys de la Fondation pour leur confiance et leurs encouragements, et dont les préoccupations communes sont la diffusion du savoir et la promotion de leur métier.
Olivier Valentin
Prix Varenne 2010 - Paroles de lauréats
Remise des Prix Varenne 2010 Journalisme et Thèses (temps forts)
En savoir plus :
>> Le palmarès des Prix 2010 de la PQR
>> Le palmarès des Prix 2010 de la PHR
>> Le palmarès des Prix 2010 des JRI
>> Le palmarès des Prix 2010 de la Radio
>> Le palmarès des Prix 2010 de l'Information Scientifique
>> Le palmarès des Prix 2010 de Thèses
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