Président de la Fondation Varenne depuis décembre 2005, après en avoir été administrateur depuis l’origine, Daniel Pouzadoux met au service de la Fondation ses compétences en matière de journalisme et de coopération internationale, ainsi que son carnet d’adresses.
Vous n’êtes pas un inconnu pour des anciens du journal La Montagne ?
En effet, je suis arrivé en 1968 et j’en suis parti en 1972. J’ai débuté à la rédaction locale de La Montagne à Clermont- Ferrand. Après une phase reportages à la locale, Francisque Fabre et Pierrot Tounzé m’ont notamment affecté à la mise en page. J’étais assis à côté de Jean-Pierre Caillard, que je connaissais depuis le lycée, et avec lequel nous montions les éditions Thiers-Ambert, Issoire, Riom et Haute-Loire.
Comme je préparais mon DESS d’économie politique, j’ai proposé à La Montagne, qui l’a acceptée, d’assurer une page économique. Je crois être l’initiateur de la rubrique hebdomadaire économique de La Montagne, confiée ensuite à mon excellent ami scout et de lycée Bernard Teyssier.
J’ai démissionné pour entrer à la Caisse centrale de coopération économique (devenue ensuite l’Agence française de développement), qui s’occupait du financement de l’aide publique de codéveloppement de la France à l’Afrique et aux Départements et territoires d’outremer.
Quel est votre rôle à la Fondation Varenne ?
J’ai la charge de faire vivre la fondation, d’en gérer – avec Philippe Page, chargé de mission – les activités, tant celles déployées par mes prédécesseurs, Me Henry Meyzonnade et Paul Saigne, et celles que j’ai initiées moi-même, tout cela dans le respect des statuts.
Nous intervenons sur quatre grands axes : les prix des journalistes, les prix de thèses, la presse à l’école et les relations internationales.
Pouvez-vous expliquer les relations entre la fondation avec le journal ?
Une de nos missions est de développer tout ce qui peut concourir à accroître la synergie entre la fondation et le groupe La Montagne Centre France. Nous n’oublions pas que nous sommes actionnaires de référence du groupe La Montagne, mais que nous devons aussi tout au groupe. Un actionnaire de
référence du journalChaque fois que nous voyons des possibilités de réaliser des opérations communes, de nous appuyer l’un sur l’autre, nous le faisons. Ce magazine Varenne pour les 90 ans de La Montagne en est un exemple, tout comme les manifestations H2O ou encore les contacts que nous avons apportés pour réaliser la page européenne durant la présidence française, au travers du témoignage d’Européens et d’activités de l’Europe dans la région.
Quelle stratégie avez-vous pour l’international ?
Sur la presse à l’école, la fondation a opéré par strate, du local au national. Quand je suis arrivé, le conseil d’administration m’a dit que ce ne serait pas une mauvaise idée d’avoir une vocation internationale. Mais la fondation obéit à une règle qu’elle applique sans faiblir : elle essaye de ne jamais agir seule. Nous sommes d’autant plus intelligents que nous sommes plus nombreux dans ce genre d’affaires.
Par exemple ?
À partir de l’exposition itinérante Inventomobile, créée par la Cité des sciences et de l’Industrie – avec laquelle nous sommes en partenariat – sur la thématique de l’eau, nous essayons de montrer aux enfants et à leurs parents, grâce à des éducateurs formés par la Cité des sciences, quelles sont toutes les conséquences de l’eau, sa rareté, son utilisation rationnelle, etc.
De même, la Fondation Varenne a acheté à la Cité des sciences des expo-dossiers (des DVD extrêmement chers) sur des thèmes tels que les volcans, la maladie d’Alzheimer, le suicide des jeunes, l’Afrique s’éveillera, le cannabis, les produits dopants. L’expo est résumé dans le DVD et, dans n’importe quel endroit, on peut déployer une exposition, en fonction de ses moyens. On y trouve des affiches et des tracts préformatés, des dossiers de presse, des quiz, des reportages, des interviews. À partir de là, nous favorisons des partenariats entre des établissements scolaires français et des pays en voie de développement.
Et cette démarche est suivie ?
En Auvergne, en Bretagne, au Pays basque, et dans le Sud de la France, nous remettons un DVD, dont le thème est choisi par les élèves et sur lequel ils vont travailler avec un établissement à l’étranger. Un DVD pour eux, pour qu’ils remuent leur commune, leurs camarades, et l’autre DVD à l’école dont ils sont correspondants, remis souvent au cours d’un voyage organisé pour que, sur place, les écoles puissent travailler avec ce DVD, avec l’aide éventuelle des agences françaises ou des services culturels de l’ambassade de France.
Mais cela nécessite des moyens énormes. La Fondation n’intervient jamais pour des gros montants. Nous essayons de maximiser l’effet de levier de nos ressources. Chaque fois que nous mettons un euro sur la table, nous essayons de faire en sorte qu’il y ait 8 ou 10 euros au final. Lorsque nous avons participé à la formation de journalistes Web, avec l’École supérieure de journalisme de Lille, à Rue89, nous sommes intervenus avec sept ou huit autres partenaires. Avec 10 ou 15.000 € versés, nous avons participé à une opération de 150.000 €.
D’autre part, nous essayons de mettre nos relations à la disposition de ceux qui en ont besoin. C’est le networking dans le bon sens du terme. En fait, nous pouvons être très actifs en étant attentifs au budget. C’est plus une question de perception des besoins qu’une question d'argent.
Interview publiée dans le hors-série "Dans les pas d'Alexandre Varenne" en date de mai 2009.
|
|
|
Daniel Pouzadoux
|
|
|


Accueil Fondation