#JeSuisCharlie : Hommage aux victimes du 7 janvier 2015

(Crédit photo Richard Brunel La Montagne © : plantation du tilleul symbolisant l'arbre de la liberté)

Samedi 7 janvier 2017, le maire de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, en plantant un tilleul symbolisant l'arbre de la liberté et en dévoilant une plaque « en mémoire aux victimes des attentats du 7 janvier 2015, à la Maison de quartier de Champratel, a souligné que la démocratie et la République n’étaient pas forcément « éternelles » et qu'il était de la responsabilité des citoyens électeurs, face au terrorisme, d'en prendre conscience et d'agir pour préserver cette liberté. Un hommage fort... pour ne pas oublier.

Le maire de Clermont-Ferrand était entouré de Gérard Gaillard (survivant de la tuerie de Charlie-Hebdo), de Marie-Danièle Campion (rectrice), de nombreux élus, des collégiens et lycéens de Saint-Alyre et Albert-Camus, de Philippe Page (directeur général) et Rémi Bouquet des Chaux (directeur) de la Fondation Varenne.

Après les interventions des élèves qui ont récité des poèmes de Robert Desnos et d'Appolinaire, les invités ont pu découvrir les émouvantes photos de François Debaisieux, prises lors de la manifestation du 11 janvier 2015 qui avait rassemblé 70.000 personnes dans les rues de Clermont-Ferrand et les dessins de l'opération "Dessiner pour libérer la parole " lancée par la fondation Varenne. Rémi Bouquet des Chaux (directeur de la Fondation) rappelait dans son intervention (à lire ci-dessous) l'importance de la liberté d'expression.

<< Ils sont morts parce qu'ils s'exprimaient librement dans un pays libre ! On croyait jusqu'à cette date terrible du 7 janvier 2015, que réprimer la liberté d'expression était l'apanage des pays totalitaires. C'était oublier un peu vite que les totalitarismes de tous bords sont à nos portes voire dans nos maisons. C'était oublier un peu vite que cette sacro sainte liberté d'expression que nous chérissons plus que tout est d'une fragilité sans nom.
C'était oublier que les coups de boutoirs contre cette fragilité sont nombreux et incessants et que ceux qu'elle dérange ont aboli les frontières depuis bien longtemps.
Il aura fallu la mort d'une poignée de saltimbanques fauchés par la mitraille comme dans la plus triste des batailles, pour nous rappeler que cette liberté est sans doute une des plus précaires que ayons à protéger.
Il aura fallu que la douceur d'un Michel Renaud où l'humour d'un Cabu soient anéantis d'une rafale maudite pour que collectivement nous prenions le chemin de la révolte contre la pire des injustices. L'innocence est morte encore un peu plus ce jour-là.
Je ne peux pas, en ce jour de célébration autour des plus jeunes d'entre nous qui se passent le flambeau de la liberté, ne pas penser à Alexandre Varenne.
Comment ne pas se souvenir, un jour comme celui-ci, d'un des journalistes les plus intransigeants de son époque ? Comment ne pas évoquer aujourd'hui celui qui a préféré briser sa plume plutôt que de la mettre au service du tyran, selon sa propre expression ? Faisant par-là même de La Montagne le journal le plus censuré de France avant d'en fermer les portes pour ne plus supporter cette oppression de tous les instants. Et cela, pour mieux résister aux nazis et à leurs valets.
Que dirait Varenne aujourd'hui ? Sans doute se désolerait-il des mauvais procès et de la violence si répandue qui mènent à la mort des dessinateurs, des musiciens, des clients de super-marché, des spectateurs dans une salle de concert, des policiers. Il s'en désolerait parce qu'il se dirait sans doute qu'il n'y a pas grand chose de neuf sous le soleil.
Qu'apprenons-nous de notre histoire ?
Sans doute qu'il ne faut pas désespérer mais que la lutte est permanente. Nous apprenons que l'espoir vient des plus jeunes d'entre nous mais encore faut-il leur transmettre ce socle de valeurs,  que résume, entre autre, la devise de la République. Encore faut-il que nous adultes, élus, journalistes, enseignants, parents, mettions de la conviction dans nos propos et nos actes.
Je n'ai certainement pas l'intention ici de délivrer une quelconque parole moralisatrice mais je ne peux pas m'empêcher de m'interroger sur l'héritage que nos générations vont léguer aux plus jeunes d'entre nous.
Si nous leur laissons la haine, ils haïront. Si nous leur laissons l'indifférence, ils seront indifférents. Si nous leur donnons l'image du désespoir ils le prendront comme horizon.
Si nous leur apprenons à s'exprimer dans le respect de l'autre, à dessiner sans peur, à écrire avec jubilation, à ouvrir nos portes avec lucidité et l'envie sincère d'accueillir, alors nous verrons, comme aujourd'hui, poindre les citoyens de demain et reculer l’imbécillité mortifère qui transforme des enfants en assassins.>>

(Crédit photo Richard Brunel La Montagne © : Rémi Bouquet des Chaux (Directeur de la Fondation Varenne) rappelle l'importance de la Liberté d'expression)

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